Le sol de Demigny n’a révélé à ce jour aucune trace d’occupation importante et durable au cours de l’ère préhistorique.
Ce territoire semble traversé à l’ère protohistorique (à partir de 2 000 ans avant J.-C.) par plusieurs pistes :
Une première voie relie la vallée de la Saône et Chalon à la Haute-Seine par Beaune, Fleurey-sur-Ouche et Châtillon-sur-Seine. Considérée par MM. Chaume et Thevenot comme une voie de l’étain, elle daterait de 1 000 ans avant notre ère.
Une deuxième voie de crête longe la rive droite de la Dheune depuis Chagny. Son ancienneté est attestée par la densité des repères toponymiques révélateurs : les terres Pétraut (substructions gallo-romaines), Saint-Jacques (hôpital routier médiéval), les Boutières, les Chazeaux (vestiges d’une importante villa gallo-romaine).
La troisième relie Autun (Bibracte) et le Morvan au Val-de-Saône verdunois. Utilisée pour le commerce du fer dès l’âge des métaux, puis à l’époque gallo-romaine et au Moyen Age, elle prend à Demigny le nom de « Chemin des Meneurs de Fer » qui traverse Cretaine (Cresta : la crête), Chambey (Cambate : le village de la Courbe), la Chapelle, puis gagne le Millore. Ce secteur semble avoir été le siège d’une activité intense dans le domaine de la métallurgie du fer et de la poterie (Champ du Four, Bois du Four, Mine de Fer, la Pièce Potier, en l’Argilla). C’est à ce chemin très ancien que Rion doit son existence : à l’habitat gaulois succède une villa gallo-romaine assez importante.
Cette bourgade connaît un certain renouveau à l’époque féodale, après la guerre de succession de Bourgogne (1003-1015) qui oppose le roi Robert le Pieux et le comte Otte Guillaume, beau-fils du défunt duc de Bourgogne Henri le Vénérable. Le comte Hugues de Chalon, allié du roi, consolide, en effet, la ligne de défense Nord de son territoire et établit une maison forte à Réon pour remplacer le château de Mimande détruit en 1026.
Si Thiétard de Réon (1039) n’est que le gardien du château ainsi établi, Foulques I de Réon apparaît au début du Xlle siècle comme l’un des principaux féodaux du Chalonnais : il jouit des mêmes prérogatives que le comte de Chalon sur un territoire englobant Chagny, Gergy, Saint-Loup, Sassenay, Demigny, Chaudenay et Givry. Familier puis parent et conseiller des Donzy, comtes de Chalon, il fonde le 6 décembre 1132 l’abbaye de Maizières, qui joue un rôle considérable dans le développement de notre région. Les trois fils de Foulques I de Réon se partagent la seigneurie : Gauthier Sans-Terre obtient Sassenay et Givry, Foulques II, Gergy et Goeffroy, Chagny.
La réunification de la seigneurie est opérée par Gérard de Réon (mort en 1187), conseiller et ami d’Hugues III, Duc de Bourgogne. En effet, en 1166, la moitié du Comté de Chalon est confisquée à Guillaume 1er de Thiers par le roi Louis le Jeune qui la confie au duc de Bourgogne. Le fief des Réon entre alors dans la mouvance du duc, dont Gérard devient le serviteur fidèle. Sa fille, Béatrix de Réon épousera le fils cadet du duc Hugues III, Alexandre de Montaigu, qui sera l’auteur des sires de Montaigu, héritiers des Réon.
Malgré l’abandon du château de Réon dès la fin du XIIe siècle, la seigneurie ainsi constituée explique l’éclat et la fortune des Montaigu, branche cadette de la famille ducale aux XIIIe et XIVe siècles.
Les terres de Réon semblent alors liées à la seigneurie de Gergy et passent d’Alexandre 1er de Montaigu, mort en 1205, à Gérard de Montaigu en 1222, puis à Philippe jusqu’en 1280 environ.
A la fin du XIIIe siècle, le territoire de Demigny paraît divisé en 4 fiefs :
1 - Le fief de Réon, possession des Montaigu.
2 - Breuil et Saint-Jacques sous la justice de l’Abbaye de Maizières, à la suite de nombreuses donations qu’elle a reçues des Réon.
3 - La Chapelle de Demigny, hameau constitué autour d’un établissement créé par les Chevaliers du Temple le long du chemin des Meneurs de Fer. Cet ordre créé en 1118, chargé de la surveillance et de la sécurité des routes, obtient toute justice sur La Chapelle en 1190. Après sa dissolution en 1311, La Chapelle est réunie à la commanderie de Bellecroix et confiée à l’ordre de Malte des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
4 - Le fief de Vacheret (Vaicheray, Valcherois) : en 1252, Gui de Vacheray le reçoit en fief-lige du duc Robert II. Cette famille le conservera jusqu’en 1431. Après le rattachement de la Bourgogne au royaume en 1477, le démembrement de la seigneurie ne fait que s’accentuer, plusieurs familles s’en disputant les droits de justice: les Frolois, Vienne, Marcilly, Malain, Ugny, Ferrières, Foissy, Andelot.
Du XIVe siècle au début du XVIIe siècle, d’autres familles possèdent des terres sur Jasouppe : les Bernardon, les Esmonin, les Berbis de Corcelles, les Beuvrand qui nous ont laissé plusieurs demeures chargées d’histoire.